Patrimoine bâti, efficience énergétique et énergies renouvelables

Depuis quelques années, le Service des sites et monuments nationaux se penche sur les questions de la performance énergétique des bâtiments appartenant au patrimoine bâti. Ainsi, des solutions ont-elles été trouvées qui permettent une amélioration énergétique dans le respect de la substance bâtie. (cf Patrimoine bâti, efficience énergétique et énergies renouvelables)

Mais, sous la double pression du changement climatique et de l’envol du prix de chauffage, le patrimoine bâti apparaît toujours comme un parent pauvre de notre civilisation. Comme si la valeur patrimoniale n’avait aucune valeur, avec notamment la pensée unique que le passeport énergétique a si bien installée, la substance des immeubles d’habitation donnant une identité à nos villes et villages a vocation à disparaître ; partiellement, par des changements massifs et des enveloppes thermiques, voire totalement, en la remplaçant par des immeubles dits « passifs ».

Or, le patrimoine bâti est une ressource du développement durable. C’est son archive !

Corpus de références architecturales, lieu d’excellence, d’innovation et de progrès, le patrimoine bâti concentre l’énergie grise déjà piégée.

Les défenseurs du patrimoine bâti attendent avec impatience le résultat des recherches scientifiques en matière de bilans énergétiques et écologiques, devant évaluer et comparer des habitations anciennes, leurs transformations, voire leur destruction et l’érection d’immeubles nouveaux. Il se pourrait qu’une 4ième dimension du développement durable, à côté de l’environnemental, du social et de l’économique, sera alors clairement identifiée. Ce sera sa dimension culturelle protégeant le cas échéant notre société devant une consommation dérisoire d'énergie grise.

Une étude de l’Université de Luxembourg a d’ailleurs déjà établi que la performance énergétique d’anciens habitations est souvent bien meilleure que le verdict du passeport énergétique. Par contre, celui établi pour de nouvelles constructions, serait bien trop optimiste! (cf. Maas Stefan et al., “Wie genau sind unsere Energiepässe? Vergleich zwischen berechneter und gemessener Endenergie in 230 Wohngebäuden in Luxemburg”).

Si aucune solution d’amélioration énergétique n’est possible ou souhaitable, le propriétaire d’un immeuble peut recourir aux dérogations expressément prévues par le règlement grand-ducal du 31 août 2010 concernant la performance énergétique des bâtiments fonctionnels. L’article 20, 22ième alinéa, dispose que le bourgmestre peut accorder des dérogations au niveau des exigences minimales en matière d’efficience énergétique à condition que l’immeuble bénéfice d’une protection nationale (classement ou inscription à l’inventaire supplémentaire) ou est protégé en tant que patrimoine bâti au niveau communal par le plan d’aménagement général et ses mesures d’exécution.(cf Règlement grand-ducal du 31 août 2010 concernant la performance énergétique des bâtiments fonctionnels)

Qaunt à l'installation de capteurs solaires ou autres sur des bâtiments historiques, le SSMN a encore étudié le sujet. (cf Patrimoine bâti, efficience énergétique et énergies renouvelables).

Ci-après, des exemples effrayants à Mersch, à Keispelt et à Luxembourg-Ville qui démontrent à quel point des assainissements énergétiques peu réfléchis peuvent défigurer à tout jamais le patrimoine bâti. En effet, par des isolants thermiques qui ne peuvent que très parteillement réduire les pertes de chaleur, la valeur architecturale des bâtiments est totalement anéantie.

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La maison située 10, rue de Mersch a été rénovée. Malheureusement les encadrements n'ont pas été respectés.

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